OBOY

« Southside »

Tel un nuage alcaloïde et hallucinatoire, le cloud rap fait planer, depuis quelques années, les aficionados de nouvelles sensations hip-hop. Cette vibe embrumée aux beats ralentis, aux lyrics sombrement perchés, dont se reconnaissent Lil B, A$ap Rocky ou Bones, connaît peu de représentants (re)connus en France hormis PNL. Mais une nouvelle génération officie déjà et Oboy pourrait bien en devenir le petit prince.

A 21 ans, Oboy est de ces artistes qui ne s’épanchent ni dans les médias ni sur les réseaux sociaux. Opérant son ascension en toute discrétion, le jeune homme originaire du Sud Parisien avoue : “je ne suis pas quelqu’un qui se livre. Je laisse ma musique parler pour moi.” Flirtant aussi avec le chill rap, Oboy a une courte carrière mais déjà pavée de succès. En 2015, il lance le morceau Sharingan sur le net et le crew Way Boto lui propose de les rejoindre en studio et de mettre le morceau sur leur mixtape Hoverboard. “Ils m’ont aidé à créer des sons de meilleure qualité. Au départ, je faisais de la musique pour m’amuser, c’était pas sérieux. Eux, ils m’ont mis le pied à l’étrier et la bonne musique à l’oreille.” S’en suit, quelques mois plus tard, le morceau Doucequi flirte avec les 3 millions de vues et que l’on retrouve sur sa 1ère tape, Olyside, en 2016. Mais pourquoi Olyside ? Parce que celui qui aime se plonger dans la musique, la fête, les femmes et les voyages oniriques apprécie aussi la pratique du double discours. “Oly c’est moi. Donc Olyside, c’est là où je suis, d’où je viens, où je traine, où je trace. Ça a aussi un rapport avec Holly, un côté religieux que j’ai mis à ma sauce pour montrer que je ne parle pas vraiment de choses très catholiques. J’ai enlevé le H pour faire toute la différence.”

C’est toujours avec la même nonchalance assumée, le même flow étouffé, ce savant mélange de français et d’anglais et des beats planants toujours plus travaillés que revient Oboy avec le mini-album, Southside. Ici, celui qui kickait les instrus glanées sur le net ou qu’on lui envoyait a décidé de s’entourer d’une vraie équipe de beatmakers (Someone, Alou Zambri et Machiniste…), avec qui une vraie belle collaboration est née. On peut ainsi capter la large palette de ses influences musicales, entre hip-hop aux rythmes répétitifs , riffs de guitares et phases électro. Côté image, il reste fidèle au réalisateur Vladimir Boudnikoff qui a toujours su capter son univers brumeux sur pellicule et mettre en exergue son charisme indolent, de Douce à Cobra (plus de 2 millions de vues) en passant par Noir ou SLS.

Si Southside n’est pas encore l’album de la maturité, c’est le chemin qui l’y emmène doucement. “Sur Olyside, je ne parlais pas du tout de moi. Sur Southside, je suis un peu plus ouvert. C’est une douce évolution. Je suis plus carré, plus travaillé au niveau de la qualité du son. J’ai forcément mûri à ce niveau là. Sur Olyside, je me cherchais. Southside, c’est de plus en plus moi.” Un 8 titres sur lequel on découvre, entre autres, Extra et son refrain immédiatement addictif, le dark et presque rock Veste en cuir et sur lequel on retrouve SLS, Cobra et Cabaleira, qui ont déjà su imposer le talent d’un rappeur sur lequel il va falloir compter.

SORTIE MINI ALBUM : Southside le 16 Mars 2018
LABEL : Syndicate

SLS

Extra

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