BESSA

‘DE L’HOMME A L’ANIMAL’
Sortie nouvel EP le 2 juin (Elektra/ Warner)

1 an après la sortie de son 1er EP, Bessa revient avec 4 nouvelles chansons. Coupe de cheveux à la Rimbaud, chemise boutonnée jusqu’au cou, frêle silhouette androgyne… C’est la première image que l’on a d’elle. Et l’image tient une grande place dans la vie de Bessa. Autant que la musique, autant que les mots. Héritage lointain d’un père photographe, lui-même un peu lointain. Chanteuse sous influence jazz, songwriteuse abrasive et à fleur de peau, avec son Nikon D90 Bessa fixe des paysages à la Cassavetes, filme des lieux ordinaires qui semblent sortis d’une toile d’Edward Hopper.

Les clips de ses chansons, qu’elle conçoit avec des amis vidéastes, sont autant de petits films qu’elle traverse, le teint pâle et la gestuelle déliée, parfaitement maîtrisée, telle une danseuse de Marta Graham. Un mobile home au milieu de nulle part, un couple qui contemple la nuit dans une lumière à la Mulholland Drive, pour « De l’homme à l’animal » – l’un des titres de son album. Un hangar où viennent s’entraîner des artistes de cirque, avec de vieilles voitures dans la profondeur de champ pour « J’ai vaguement ton coeur ». Noir et blanc ou couleur, cela importe peu. Avec sa voix voluptueuse, légère comme l’air, et ses prouesses de fil-de-fériste, Bessa fait une entrée en douceur dans le monde de la chanson française, avec une pop électro rêveuse, à la fois abrupte, puissante et sophistiquée. Un doux électro-choc.